La force des cinéastes présent.es à Images de justice est d’avoir choisi de rencontrer et de filmer des personnes dont les idées sont opposées aux valeurs partagées par ces auteur.es. C’est le cas de Merhan TAMADON qui pour son film Iranien a choisi d’accueillir 4 mollahs dans la maison de sa mère.
Après avoir assisté à la projection du film Iranien, Stéphanie, Adrien, Evan et Jean-Luc, membres des notes de Comptoir ont enregistré à chaud leur réaction. Amicalement, Merhan TAMADON a participé à cet enregistrement. Le lendemain, la projection du film d’Elahe ESMAILI A move a donné une autre dimension à cette rencontre.
Vous pouvez écouter le podcast1 ci-dessous.

… Le soleil était mort. Et demain, dans l’esprit des enfants, n’avait qu’un sens perdu et vague.
Dans leurs cahiers, ils illustrèrent l’étrangeté de ce mot usé par une grande tache noire. Les gens, la masse déchue des gens, abattue, affaiblie et ahurie, écrasée sous le poids maudit de leur dépouille, s’en allaient d’exil en exil et l’envie douloureuse de crimes gonflait dans leurs mains.
Parfois, une étincelle, une petite étincelle de rien soudainement détruisait de l’intérieur cette société silencieuse et sans vie.
Forough Farrokhzad
Cette petite étincelle qu’évoque la poétesse Farough Farrokhzad, elle est apparue il y a quelques années en Iran avec le mouvement Femme, vie et liberté. Depuis, des jeunes femmes bravent l’autorité patriarcale pour être dans l’espace publique comme elles souhaitaient vivre, y compris en ne portant ni hidjab ni casquette.
C’est ce que montre la réalisatrice iranienne Elahe ESMAILI dans son film A move, véritable coup de coeur d’Images de justice.
Dans ce court-métrage, Elahe ISMAILI revient en Iran pour aider ses parents à déménager. Son souhait de rester les cheveux au vent rencontre la désaprobation de sa mère et des membres de sa famille. Malgré cela, Elahe ne cède pas et part à la rencontre des autres pour se faire accepter.
Par des images simples d »un rassemblement avec ses proches, Elahe ISMAILI montre que l’ennemi n’est pas sa famille même si celle-ci s’oppose à son désir mais la peur, la peur que le régime islamique instille dans le peuple par une loi unique, une loi injuste qui culpabilise et fait craindre les foudres sur qui ose discuter les « préceptes » de la religion que les chefs religieux imposent.
On admire le courage d’Elahe ISMAILI qui prend des risques pour combattre la peur, d’abord en la dépassant soi-même puis en essayant de rassembler dans sa cause un maximum de sympathisants.
Le festival se termine mais la lutte pour la liberté continue, ici et ailleurs, en particulier en Iran et à Gaza…

- Podcast enregistré avec Merhan TAMADON, Evan MONTEMBAULT, Adrien DUTERTRE, Modérateur : Jean-Luc LEBRETON Poème lu par Stéphanie BOUZINAC Musique générique début et mixage : Adrien DUTERTRE Illustrations sonores tirées du film Iranien de Merhan TAMADON ↩︎