Nouvelle édition de REVERS les 16 et 17 janvier au cinéma ARVOR avec une carte blanche à Guillaume BRAC. Les notes de Comptoir s’associent à l’événement avec la rédaction d’un nouveau livret.
Voici le programme du week-end :
Vendredi 16 janvier
19h : L’île au trésor de Guillaume BRAC (2018 – 97mn)
Dès les premières images, Guillaume Brac inscrit L’Île au trésor dans un entre-deux subtil, où le réel glisse progressivement vers l’imaginaire.
Le territoire filmé (l’île de loisirs de Cergy-Pontoise) est parfaitement identifiable, mais la précision du montage et le travail photographique lui confèrent une dimension presque irréelle, comme si le film fabriquait une île mentale autant qu’un lieu géographique.
Espace de circulation et de friction, l’île devient un écran de projections où chacun investit une fonction, un désir, une posture. Le film observe avec finesse ces rôles qui se superposent et se contredisent, révélant les tensions latentes entre liberté, contrôle et fantasme collectif.
À travers une attention constante portée aux souvenirs, le documentaire capte la fragilité de ces présences momentanées et laisse place à une nostalgie diffuse.

21h : Les hommes le dimanche (Menschen am Sonntag) de Robert Siodmak et Edgar Georg Ulmer (1929 – 73mn)
Loin du bruit et du rythme effréné de Berlin et de ses quatre millions d’habitants de la fin des années vingt, quatre jeunes citadins, garçons et filles, se reposent le dimanche à la périphérie de la ville, sur les bords aménagés du lac Wannsee.
Robert Siodmak, futur réalisateur d’Hollywood, exerçant alors dans l’Allemagne de la République de Weimar, met en scène son premier film. Bien qu’à petit budget et muet, ce long métrage est novateur. Entre fiction et documentaire, tourné dans des décors naturels, avec des acteurs amateurs, il s’inscrit dans le mouvement artistique du Neue Sachlichkeit (La Nouvelle Objectivité) revendiquant une représentation réaliste du quotidien. À travers la photographie d’Eugen Schüfftan, le film donne à voir des gens simples durant leur loisir dominical, et aborde, en alternant légèreté et gravité, les relations hommes-femmes ainsi que la précarité économique.

Samedi 17 janvier
14h : Masterclass : Le cinéma de Guillaume BRAC : un jeu entre fiction et documentaire
Comment documentaire et fiction peuvent-ils se nourrir l’un l’autre ? Comment entre les deux la frontière peut-elle parfois s’estomper, laissant place à une différence de degrés plus qu’à une différence de nature ? À l’aide d’exemples tirés de son oeuvre, Guillaume Brac décrira comment sa mise en scène fictionnelle utilise parfois des dispositifs documentaires et comment, à l’inverse, le documentaire ne peut jamais s’affranchir d’une certaine écriture et d’une remise en jeu du « réel ».
16h30 : Un monde sans femme de Guillaume BRAC (2012 – 55mn)
Un « conte d’été » dans une station balnéaire sur la côte picarde la dernière semaine d’août. Sylvain (interprété par Vincent MACAIGNE) loue un appartement à Patricia (Laure CALAMY) et sa fille Juliette (Constance ROUSSEAU). Une chance pour Sylvain toujours à la recherche de l’amour, même si ce n’est pas simple lorsqu’on vit le reste de l’année dans un monde sans femme. Il faut prendre des risques, se montrer sous un jour agréable tout en restant soi-même et surtout ne pas avoir peur d’affronter la concurrence.

Hanne et la fête nationale de Guillaume BRAC (2018 –36mn)
Second volet du diptyque Contes de juillet, Hanne et la fête nationale s’inspire de la dramaturgie classique. Le récit se déploie sur 24 heures, durant lesquelles le spectateur suit Hanne, une étudiante norvégienne, et ses camarades à la cité universitaire à Paris. Cette dernière journée avant son retour au pays constitue un moment de bascule : pour Hanne, où tout semble possible, . Entre ce qui est achevé et un futur à construire s’installe un temps suspendu, propice au désir de rencontre, aux projections amoureuses, mais aussi à l’explosion de tensions latentes. Dans le cadre festif et populaire de la Fête nationale, Guillaume Brac adopte un regard naturaliste pour explorer les dynamiques du désir et de la violence sexiste qui en découle, révélant ainsi la fragilité des relations humaines, souvent marquées par des rapports de domination.
A venir sur le site et dans le livret :
- Un entretien exclusif avec Guillaume BRAC
- Une ébauche de portrait à lire ou à écouter