Un podcast que vous pouvez écouter dans son intégralité ou lire quelques extraits :

L’île de Cergy Pontoise, cadre du film l’île au trésor est un lieu de rencontres où le cinéaste va croiser différentes personnes, des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes essayant d’obtenir des éléments de leur vie actuelle voire de leur passé.
Ces moments de rencontres sont parfois comme un espace de friction. Il y a une certaine domination par la parole, notamment la scène où trois hommes veulent rentrer gratuitement. C’est justement une femme qui tient le guichet. La parole est majoritairement donnée aux hommes.
T’as jamais sauté ? De ta vie ? Attends, c’est la première fois que tu sautes ou pas ? *
Se pose aussi la problématique de la limite. La limite de ce qu’on a envie ou pas. Dans Hanne et la fête nationale, on est dans le cas d’un harcèlement sexuel, d’une agression sexuelle même. On est toujours dans ces rapports de force au profit de l’homme sur la femme. Dans Les hommes le dimanche qui raconte la société de 1930, on retrouve ce point de vue patriarcal de domination de l’homme sur la femme.
Le lieu du tournage, Cergy Pontoise, vient raconter le social. On est sur un lieu qui est identifié, comme sur d’autres films : une cité balnéaire pour un monde sans femmes, ou la cité universitaire pour Hanne et la fête nationale. C’est donc un lieu bien défini, qui a des règles qui sont claires mais qu’on peut transgresser.
De toute façon quand même ce que la loi appelle fraude, il ne faut pas essayer de lui donner un autre nom, ça s’appelle fraude. *
Des hommes ou des femmes ont des fonctions pour faire respecter ces règles. Des personnes très tolérantes. Elles sont là pour rappeler la loi mais avec beaucoup de bienveillance, parce qu’ils ont les mêmes origines mais des fonctions différentes. Ces vigiles étaient peut-être il y a quelques années des jeunes qui venaient se baigner. D’ailleurs, il y a aussi la scène vers la fin du film où les jeunes pensent à leur avenir. Quelles fonctions vont-ils occuper dans la société plus tard?
C’est pas des racistes. Ils ont la même couleur de peau que nous.
Le temps est quelque part encadré, c’est un laps de temps donné. Ça va être un après-midi à l’île, un temps de vacances, quelques jours de location dans une station balnéaire comme dans un monde sans femme. On est sur un temps qui est limité. Cet espace-là est un espace temps, quelque part protecteur, puisque on sait que ça s’arrêtera.
Pourquoi on vient ici ? Parce que ça nous rappelle un peu chez nous. *
C’est comme le lieu, une île préservée, peut-être un endroit plus sauvage et moins accessible qui est devenu un peu uniformisé. L’homme a rendu cet espace clos et, paradoxalement, attrayant pour beaucoup de jeunes. Dans le Repos des Braves, on retrouvela manière dont on appréhende notre environnement direct, c’est-à-dire notre environnement primaire naturel. Cela raconte aussi peut-être quelque chose de la manière dont nous appréhendons les êtres sociaux.
A la fin du film, on voit les deux enfants qui se fraient un chemin vers un lieu qui a l’air un peu plus sauvage. C’est, quelque part, l’aspect prise de risque, d’aventure qu’on retrouve aussi. Mais avec ce sentiment de sécurité par le fait que le grand encadre le petit et joue son rôle de grand frère. Guillaume Brac montre le développement personnel, l’épanouissement avec le groupe, comment on se dépasse et comment on apprend sur soi-même. Il y a tellement d’autres choses à découvrir que l’île.
Si t’as peur, faut accélérer. Moi aussi, la première fois que j’étais venu ici, j’ai commencé à avoir peur. *
Livret rédigé par Les Notes de Comptoir :
Hélène NOEL, Anna BICHON, Benoit PETITJEAN, Gilles OLLIVIER, Adrien DUTERTRE, Jean-Luc LEBRETON

Sources : Films de Guillaume BRAC : Un monde sans femme, Hanne et la fête nationale, Le repos des braves, L’île au trésor, Film de Robert SIODMAK et Edgar Georg ULMER : Les hommes le dimanche
* extraits du dialogue de L’île au trésor